Polémique sur la publication des estimations des instituts de sondage pour les présidentielles.
Alors que les sondages font couler beaucoup d'encre en ce moment voilà qu'on les retrouve dans un nouveau conflit. En effet, plusieurs blogueurs affirment qu'ils n'hésiteront pas à révéler avant 20H00, ce dimanche 22 avril, les estimations sur les résultats du premier tour de la présidentielle, en toute illégalité, alors que les bureaux de vote de grandes villes seront encore ouverts.
La Commission de contrôle de la campagne présidentielle à dors et déjà averti qu'elle surveillera de près les sites internet et n'hésitera pas à saisir la justice en cas de violation de la loi.
Où est le problème ?
Les premières estimations des instituts de sondage sont susceptibles d'être disponibles à partir de 18H30. Ces données ne seront communiquées qu'aux partis politiques et aux rédactions et ne devront apparaître nul par ailleurs jusqu'à 20h00, heure de la fermeture des derniers bureaux de vote en métropole. Les blogs et les sites internet français se doivent donc de respecter cette interdiction au même titre que la presse et les médias audiovisuels français. Les contrevenants encourent une amende de 75 000 euros.
En revanche, la loi française n'a pas les moyens d'empêcher la publication de ces estimations dans les médias étrangers -qui seront informés notamment par les instituts de sondage- et sur les sites internet basés hors de France.
D'où vient cette polémique ?
"Les sites belges, suisses, vont pouvoir donner ces estimations et ils seront accessibles sans problème depuis la France. On est dans une hypocrisie totale", déclare à l'AFP Jean-Marc Morandini. Le journaliste d'Europe 1 a lancé un pavé dans la mare en affichant son intention de publier sur son blog personnel les informations dont il aurait vent avant la fermeture des bureaux de vote. Dans la foulée, l'éditeur Guy Birenbaum a dit que si dimanche, il détenait "un résultat sérieux", "bien évidemment" il le donnerait "immédiatement" sur son blog, avant 20h00.
La réaction des autorités.
Ces affirmations déplaisent. "C'est la première fois que "des personnes affichent leur velléité" de passer outre la loi électorale "pour se faire de la publicité à l'avance", déclare à l'AFP Gilles Bachelier, rapporteur général de la Commission de contrôle de la campagne. "Nous allons surveiller des sites. Nous avons une équipe pour ça et nous saisirons le procureur de la République en cas d'infraction", a-t-il poursuivit.
La Commision de contrôle reconnaît qu'elle ne pourrait "pas faire grand chose" si un blogueur français décidait de se trouver un hébergeur à l'étranger. "Mais toute reprise de l'information par le moindre blogueur ou média français tomberait sous le coup de la loi", souligne M. Bachelier.
Le Forum des droits sur l'internet a "condamné" mardi toute mise en ligne anticipée de résultats de la présidentielle. La loi vise à assurer la "sérénité" du scrutin et à éviter "toute publication d'information qui pourrait avoir pour effet d'amener certains électeurs à renoncer à aller voter ou à orienter leur vote", explique l'organisme. "En cas d'écart minime entre deux candidats", cela pourrait poser un problème, souligne M. Bachelier. "Ce serait alors au Conseil Constitutionnel d'apprécier et de prendre une décision".
Conclusion.
Abstenez-vous de divulguer ces informations avant 20H00 dimanche soir. Si vous souhaitez vraiment avoir une idée avant tout le monde, parcourez les sites étrangers mais ne rapportez pas leurs dires sur votre site sauf s'il est hébergé à l'étranger. Toutefois que penser du fait que ces estimations soient accessibles sur ces sites alors que les sites français risquent gros ? N'y a-t-il pas autant de risque de pervertir les intentions de vote, que la même information soit tirée d'un site étranger ou français ?
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